Questions 

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Questions & Un lézard bleu       format romantique  20*11 

  broché  124 pages   ISBN 978-2-918342-02-1

  Disponible à notre     Librairie

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Questions

Spectacle en une partie. 

Dialogue, monologues? 

Une non-rencontre positive?

Le décor banal recentre sur les deux acteurs qui sont le propos et l’action.

 

Début du dialogue :

        

— Quels étaient vos rapports avec la victime?

 

            — Qu'entendez-vous par rapports?

        

— Rapports. Je veux dire connaissiez vous la victime et comment la connaissiez vous?

 

            — Qu'entendez-vous par victime?

 

— Je vous en prie, ici c'est moi qui questionne, vous n'êtes pas en situation de me narguer!

 

— Pas question de vous narguer, veuillez seulement considérer qu'il y a des enjeux importants pour moi à cette heure ; comprenez que je prenne des précautions et m'attache au sens précis des mots, je ne veux pas qu'il y ait de malentendu entre nous.

 

— Oui, bien-sûr, mais si tout le monde était comme vous, on ne s'en sortirait pas, vous n'êtes pas le seul et je dois faire avec le temps dont je dispose.

 

— Chacun est unique, personne ne peut évidemment être comme moi, ni comme vous d'ailleurs, c'est important de se le dire.

 

— Quand je dis victime, je veux désigner la personne qui a amené votre présence ici devant moi, quelqu'un qui a subi des événements que vous connaissez peut-être et que je suis censé comprendre.

 

— Admettez que qualifier une personne de "victime" est déjà une manière de jugement. Avant de considérer l'affaire, vous l'affirmez, qu'en savez-vous donc?

 

— On a retrouvé un cadavre dans le coffre de votre voiture, vous avez été interpellé, vous avez essayé de fuir, on vous a rattrapé et vous vous étonnez que je nomme votre passager une victime?

 

            — Ma passagère.

 

— Oui, je m'y perds avec vous, votre passagère est morte et bien morte, veuillez Môssieu le philosophe considérer qu'elle fait, d'une certaine manière, figure de victime.

 

— Encore une fois, vous affirmez sans savoir outre. Je connais votre maison, vous êtes ici pour me poser des questions, mais la loi française veut que je sois supposé innocent tant que vous n'aurez pas fait la preuve de ma culpabilité.

 

              —Vous évoquez votre culpabilité!

 

— Je vous en prie, je ne fais que parler de mon innocence!

            

— Ne jouez pas sur les mots...

 —Vous croyez donc que je joue? Vous croyez que ma situation est des plus confortables? Je viens d'être interpellé comme vous le dîtes dans des conditions pénibles, vous me posez des questions comme celles que l'on pose au dernier des derniers ; et vous voudriez que je sois en train de jouer? Reprenez-vous! Quand vous aurez fini votre service vous allez rentrer tranquillement dans votre quotidien ; et moi? Vous pouvez me dire ce qui m'attend, vous voudriez que je ne prenne pas de soin de tout ce qui peut se dire ici?

...

Un Lézard bleu                                                           

 

 

 

Pièce de théâtre en trois actes 

 

 

Un lézard bleu est une forme de « brouillon » à usage de lecteurs avisés qui pourront en extraire l’essence depuis le fond de leur fauteuil (ne soit-il pas trop confortable !) ou d’acteurs qui aimeraient travailler avec l’auteur pour lui donner la capacité de l’autoriser à monter sur une scène.

 

L'ouverture

 

Le décor : un bar résumé à l’essentiel.

 

 

 

Les personnages :        Elle

            Lui

            Le passager

 

 

 

 

Acte Premier

 

                        Elle, derrière le bar, s’ennuie, s’occupe.

Lui, entre, distrait, ailleurs.

 

 

 

 

Lui :     Deux rêves !

 

Elle :    

 

Lui :     S’il vous plait, deux rêves !

 

Elle :     Vous attendez quelqu’un ?

 

Lui :     Ce serait le premier !

 

Elle :     C’est le premier ! Vous attendez quelqu’un !

 

Lui :     Cela peut-être un rêve.

 

Elle :     Le premier. Vous le prenez au bar ?

 

Lui :     La terrasse est fraiche.

 

Elle :     Il n’y a pas de terrasse, mais ce pourrait être le second ?

 

Lui :     Ah non, j’ai déjà usé le premier.

 

Elle :     Pas usé, vous attendez quelqu’un !

 

Lui :     Quelqu’un ou quelque chose !

 

Elle :     Ou quelque chose. Je n’ai pas encore pris votre commande, et puis vous ne m’avez pas dit ou vous souhaiteriez la consommer !

 

Lui :     Pas la terrasse.

 

Elle :     Il n’y a pas de terrasse.

 

Lui :     Le bar ne me dit rien.

 

Elle :     Cette table ?

 

Lui :     Pourquoi pas. Ou cette autre ?

 

Elle :     Installez-vous ! Je vous sers.

 

Lui :     Il tourne en rond, hésite entre les différentes tables, s’assied, se lève et finit par s’asseoir.

 

Voilà, je suis prêt.

 

Elle :     Je vous sers : quoi ?

 

Lui :     Deux rêves, je vous l’ai dit. Deux rêves.

 

Elle :     Il semble que nous soyons d’accord sur le premier ?

 

Lui :     J’attends quelqu’un ou quelque chose… ou quelqu’évènement…

 

Elle :     Vous êtes entré seul et vous savez que peut-être vous ne repartirez pas seul.

 

Lui :     J’attends quelqu’un ou quelque chose… ou quelqu’évènement…

 

Elle :     Le rêve n’est que le rêve, il ne contient pas forcément la réponse. Vous attendez, vous attendez, et voyez-vous, c’est ça le rêve !

 

Lui :     C’est un rêve…

 

J’attends.

J’attends. C’est là un rêve !

Attendre ?

Et c’est un rêve ?

 

Il est manifestement très préoccupé, il se lève, de nouveau cherche une place qui convienne à son instant, hésite, tourne encore reprenant les dernières sentences de manière hachée et à la limite de la cohérence.

 

Elle :     Vous êtes entré.

 

Lui :     Je suis entré.

Certes, je suis entré.

Je suis entré et vous ai commandé deux rêves.

 

Elle :     Vous êtes entré et avez commandé deux rêves.

 

Lui :     Oui, pourquoi ?

 

Elle :     Pourquoi m’avoir demandé deux rêves ? Pourquoi être entré ?

 

Lui :     Jamais je ne suis venu ici.

 

Elle :     Le hasard donc !

 

Lui :     Que je ne sois jamais venu ici ne signifie pas que j’y sois venu par hasard.

Elle :    

 

Lui :     Le hasard n’appartient pas au rêve !

 

Elle :    

 

Lui :     Le rêve est notre essence !

 

Elle :     … mais … mais le hasard ?

 

Lui :     Il peut approcher nos rêves, ou rapprocher deux rêves.

Il n’est pas de nos rêves, c’est un être.

Un être comme nous et nous nous rencontrons.

 

Elle :     Ces rêves que vous veniez chercher ici ?

 

Lui :     Ces rêves ?

 

Elle :     Vous êtes entré ici sans hasard et m’avez demandé deux rêves.

 

Lui :     Vous m’avez entendu.

 

Elle :     Je vous ai répondu.

 

Lui :     Parce que vous avez su m’entendre.

 

Elle :     Ma réponse vous a … plu… ?

 

Lui :     Je l’ai entendue et j’ai cherché ma place. Elle pouvait se trouver là.

 

Elle :     A attendre un ailleurs ?

 

Lui :     Un ailleurs en moi-même et que j’ignore encore.

Un rêve encore en moi.

Elle :     Que n’a pas encore libéré votre sommeil.

 

Lui :     Cet abandon de moi.

 

Elle :     Abandon ? Retrouvailles !

 

Lui :     Je me chercherais donc.

 

Elle :     Ainsi de nous, de chacun d’entre nous. Je crois qu’il s’agit là de notre principale occupation.

 

Lui :     Vous êtes bien aride pour sourdre quelque rêve.

 

Elle :     Je suis une bistrote, rien de plus qu’une bistrote. Vous êtes entré, et j’ai joué le jeu, sûrement par ennui. Je ne sers que du rêve d’alcool pour ceux qui veulent le trouver là.

 

Lui :     Peut-être était-ce là ma commande.

 

Elle :     Vous avez dit deux rêves. Je vous ai entendu.

 

Lui :     Et m’avez répondu.

 

Elle :     Vous êtes toujours là.

 

Lui :     Sans rêve. Sans rêve et sans alcool.

 

Elle :     Vous avez le premier.

 

Au moins ai-je essayé.

 

Lui :     J’attends.

 

J’attends ainsi je rêve.

 

Elle :     Je vous sers un alcool ?

 

Lui :     Me restera un rêve ?

 

Elle :     Un rêve n’est pas un vœu.

Vous irez peut-être ce soir bien au-delà de votre prime commande.

Je ne suis qu’un moyen.

 

Lui :     Je veux bien un whisky.

 

Elle :     Ce peut-être une porte.

Mais que seront vos rêves ?