bandeauvdt

 

à paraître  bientôt :

 

  vdt2    Retour à l'accueil Emoticone et smiley sport cheval 

  

 

             Face à elle, exténué, avec en lui une forme de bonheur, de libération Depuis le matin il ne l’a pas quittée, rien fait d’autre, à peine s’est-il restauré et entretenu. Maintenant, il est libéré : elle là devant lui, terminée, bien imparfaite encore mais t e r m i n é e!

             La nuit est tombée, il va enfin pouvoir vraiment dormir.

 

             « Tu es content de toi? »

 

            On lui parle? Mais il n’y a personne d’autre que lui!

 

           « C’est bien mais le plus dur reste à faire, maintenant que tu m’as écrite, tu dois me faire vivre! »

 

           La Nouvelle lui parle maintenant, pourtant c’est sûr, il n’a pas touché aux champignons rigolos!

 

           « Bonne nuit et à bientôt… »

 

           Avant qu’il ne sombre, il se remémore sa folle journée d’hier :

 

           Rien de tel que le vélo pour se guérir des maux de la vie : il laisse le passé en arrière et place l’avenir au-devant tout en autorisant celui qui le mène le temps de s’en rendre compte. C’est ce qu’il se disait escaladant les routes du Cantal qui allaient le mener des plaines de la Sumène à un gîte situé au-dessus du Falgoux. À de rares exceptions près, ces routes offrent des pentes peu tendues et régulières, pas de ruptures de rythme, il suffit de régler gentiment sa machine cardiaque et on peut aller n’importe où. Et c’est justement à n’importe où qu’il allait, au rendez-vous des amis dans une auberge et gîte de randonnée située au pied d’un col qui regarde le puy Mary.

           Bien content de retrouver ses amis musiciens et l’ambiance qui saurait le distraire de sa vie qui partait en quenouille. Son épouse s’appelait depuis peu son ex, leur affaire en avait profité pour s’effilocher et il ne savait trop ce qu’il allait faire. Alors cette soirée était la bienvenue!

           Alain, vieil ami de jeunesse qui profitait de l’été pour faire des concerts avec ses musicos dans ce touristique pays qui le reposait si bien de la ville.

           Édith Piaf, Gaston Couthé ou Ferré formaient leur répertoire, ils commençaient à être connus, appréciés et recherchés. Mais à n’en point douter ce soir, le public mêlé avec eux dans la salle de l’auberge ajouterait des répertoires différents : des beuglantes ou des locales, des coups de cœur ou des chansons à boire…

           Quand il est arrivé en vue de l’auberge qui le nargue tout en haut de la côte, la nuit est presque là, ça va, il a bien assuré et il lui restera assez d’énergie pour prendre sa part à la fête!

           Pas trop de monde pour l’instant, il va pouvoir se reposer et profiter du calme relatif pour discuter un peu. Mais bientôt la salle commence à se sentir petite et le personnel a du mal à suivre les commandes : plats locaux simples et boissons diverses laissant peu de place aux jus de fruits…

           Ça brouhahate et si ça continue se dit Alain ils vont ronfler! Deux ou trois clins d’œil et le groupe est prêt à faire du ″bruit″, sans qu’on le demande le silence s’est installé, tous sont en attente. Alors le groupe fait trainer un peu! Le plaisir qui tarde est surmultiplié!

           Enfin la basse attaque, la batterie enchaîne  et la voix, et, et, et…

           Si tout a commencé dans l’harmonie la suite a l’air de déraper un peu, tous les styles y passent, maintenant chacun est chanteur, il n’y a plus de public, que des génies musicaux qui s’écoutent et s’ignorent les uns, les autres. Mais tout cela donne soif : alors c’est la mienne, c’est la tienne et celle de la patronne, les serveurs n’ont plus assez de bras, ni de voix qui chantent aussi.

           À partir de ce moment aucun commentateur présent n’a de souvenir bien précis, ce que l’on peut dire est que gentiment l’autre et l’un, et Alain ont commencé à bailler…

           Le gîte a accueilli ceux qui le voulaient où n’avaient d’autre choix.

           Il n’imaginait pas ramener son vélo à la maison après la ″teuf″ et en a profité. Un grand plouf dans la rusticité de la rando, confort mini, sommeil maxi!

 

           Oh là là! Ce lendemain matin!

           Oh là là!

           C’est le froid qui un à un les a réveillés

           Un café, deux, on cause un peu confrontant les souvenirs éparpillés, on baille, qu’est-ce qu’on baille!

           Il commença à sentir l’appel de la descente, il a essayé de rappeler ce qu’il y avait de vivant en lui, il se souvient encore aujourd’hui qu’un de ses compagnons lui a proposé d’aller chercher des champignons rigolos et qui font rigoler dans les prairies à l’entour. Il a souri : pas son truc!

           Il a attrapé le vélo qui l’attendait, et a plongé reprenant à l’envers tout ce qu’il avait monté. Reprenant à l’envers tout ce qu’il avait descendu...

           Pas de chance, en approchant de chez lui, il ne pense qu’à une chose : le raidillon qui l’attend! La plus forte des pentes est celle qui l’amène chez lui, il la connait bien, mais aujourd’hui… Il sait qu’elle l’attend, la montera-t-il à pied ou debout sur ses pédales?

 

           La montera-t-il?

           Le voilà enfin arrivé chez lui, il s’effondre sur le canapé et disparait de la planète.

           Il faisait jour quand il est arrivé, il fait maintenant nuit pleine, malgré tout il comprend assez vite où il est et par où il est passé pour en arriver là.

           Une douche.

           Manger un morceau.

           Et plonger dans son lit, le vrai, dans la chambre là-haut.

           Le lit solitaire.

 

           Le jour éclaire doucement la chambre, il a l’habitude de se lever avec le soleil et n’en dérogera pas.

 

           Il est sorti d’un drôle de rêve qui a dû contribuer aussi à son éveil : trois visages sont très présents dans le souvenir qu’il attarde en fermant les yeux, des wagons et puis cette ambiance lourde, une ambiance qui l’intrigue, et puis ces trois visages encore…

           Il a essayé de se rendormir, il a voulu rattraper la queue de ce rêve et puis tirer dessus pour le ramener à lui, pour voir d’où il venait et où il voulait partir…

           Il s’est réveillé, a descendu, fait un café, mais les images ne l’ont pas quittées.  Plus tard bien éveillé, il est encore dans son rêve.

           Il a débranché la prise du téléphone, il a fermé la porte à clef, il amis le monde à la porte.

           S’est mis devant son clavier : puisque le rêve n’a pas voulu rester avec lui, il va le prolonger!

           Une journée à regarder ses doigts qui courent sur le clavier et le mènent vers l’inconnu.

 

           Une journée à écrire, la nuit est là, il est vanné.

           La nuit est là, il s’endort.

 

           Il a écrit une nouvelle.

 

           Cette nouvelle va le suivre, il va passer quelques temps à la remettre en forme, itou de lui.

 

           Il se souvient aussi qu’elle l’a accompagné en vélo montant vers Montluçon, il se repassait des passages dans la tête.

Il la sent enfin prête, va l’imprimer et va la proposer à la lecture de quelques amis.

Et tous ceux-là lui disent qu’il n’a rien écrit de pareil jusqu’à présent. Lui disent qu’il y a quelque chose dans cette nouvelle-là!

La vie continue, il va quitter cette vie pour une autre, loin, assez loin afin que le malheur ne puisse le rattraper.

Mais la Nouvelle le poursuit si le bonheur finit un jour par revenir.

           Sa nouvelle compagne, qui est encore aujourd’hui auprès de lui, l’encourage à y revenir, à essayer de la faire vivre. Il écrit d’autres textes.

           Un jour, la Nouvelle revient et s’impose, il la propose ici ou là dans un recueil de nouvelles, sans succès.

 

           Elle ne se lasse pas, elle insiste, il finit par lui céder et en tire un scénario qu’il propose à tous vents et que les vents lui ramènent.

           Un autre temps qui passe, d’autres écrits, mais elle insiste!

 

           « Un roman, si je faisais de toi un roman? »

 

           « Alors tu t’y colles! »

 

           Il s’y colle et rien ne colle. Dépitée elle se retire se disant bien qu’un jour ce sera son heure!

 

           C’est assurément elle qui un jour a envahi une nouvelle fois son sommeil. Il s’est réveillé, genre :

 

           « Bon sang mais c’est bien sûr!

Cette nouvelle sortie de mon épuisement émane de mon moi profond, c’est justement à cette rencontre que je dois aller.

Je ne dois pas écrire mais essayer de comprendre d’où peut bien venir tout ce que j’ai mis à jour. »

 

           Ce jour de solitude et d’épuisement.

 

           Pourquoi cette référence au Tréport et à son calvaire?

           Pourquoi l’Algérie?

           Pourquoi cet enfant?

           Pourquoi…

 

           La Nouvelle n’a pas réagi, c’est un signe, cela doit la satisfaire.

           Sa compagne l’a vivement encouragé, voilà un autre signe.

 

           Ce que vous allez lire en est la conséquence!