Questions                                Retour à la page précédente  Emoticone et smiley sport cheval 

 

Spectacle en une partie. 

Dialogue, monologues? 

Une non-rencontre positive?

Le décor banal recentre sur les deux acteurs qui sont le propos et l’action.

 

Début du dialogue :

        

— Quels étaient vos rapports avec la victime?

 

            — Qu'entendez-vous par rapports?

        

— Rapports. Je veux dire connaissiez vous la victime et comment la connaissiez vous?

 

            — Qu'entendez-vous par victime?

 

— Je vous en prie, ici c'est moi qui questionne, vous n'êtes pas en situation de me narguer!

 

— Pas question de vous narguer, veuillez seulement considérer qu'il y a des enjeux importants pour moi à cette heure ; comprenez que je prenne des précautions et m'attache au sens précis des mots, je ne veux pas qu'il y ait de malentendu entre nous.

 

— Oui, bien-sûr, mais si tout le monde était comme vous, on ne s'en sortirait pas, vous n'êtes pas le seul et je dois faire avec le temps dont je dispose.

 

— Chacun est unique, personne ne peut évidemment être comme moi, ni comme vous d'ailleurs, c'est important de se le dire.

 

— Quand je dis victime, je veux désigner la personne qui a amené votre présence ici devant moi, quelqu'un qui a subi des événements que vous connaissez peut-être et que je suis censé comprendre.

 

— Admettez que qualifier une personne de "victime" est déjà une manière de jugement. Avant de considérer l'affaire, vous l'affirmez, qu'en savez-vous donc?

 

— On a retrouvé un cadavre dans le coffre de votre voiture, vous avez été interpellé, vous avez essayé de fuir, on vous a rattrapé et vous vous étonnez que je nomme votre passager une victime?

 

            — Ma passagère.

 

— Oui, je m'y perds avec vous, votre passagère est morte et bien morte, veuillez Môssieu le philosophe considérer qu'elle fait, d'une certaine manière, figure de victime.

 

— Encore une fois, vous affirmez sans savoir outre. Je connais votre maison, vous êtes ici pour me poser des questions, mais la loi française veut que je sois supposé innocent tant que vous n'aurez pas fait la preuve de ma culpabilité.

 

              —Vous évoquez votre culpabilité!

 

— Je vous en prie, je ne fais que parler de mon innocence!

            

— Ne jouez pas sur les mots...

 —Vous croyez donc que je joue? Vous croyez que ma situation est des plus confortables? Je viens d'être interpellé comme vous le dîtes dans des conditions pénibles, vous me posez des questions comme celles que l'on pose au dernier des derniers ; et vous voudriez que je sois en train de jouer? Reprenez-vous! Quand vous aurez fini votre service vous allez rentrer tranquillement dans votre quotidien ; et moi? Vous pouvez me dire ce qui m'attend, vous voudriez que je ne prenne pas de soin de tout ce qui peut se dire ici?

...

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